Naissance de Issa (Jésus) en islam : récit du Coran, date et enseignements

Kone

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Souleymane

17 min de lecture
Bannière vert clair avec le titre Naissance de Jésus en islam, un palmier dattier stylisé chargé de dattes et une étoile à huit branches

À retenir :

  • Le Coran raconte la naissance de Jésus dans deux passages : 19 versets de la sourate Maryam, 6 versets de la sourate Al-Imran
  • Aucun verset ni hadith authentique ne donne le jour, le mois ou l'année de la venue au monde de Issa
  • Selon al-Bukhari n° 3436, trois bébés seulement ont parlé au berceau, Jésus étant le premier cité
  • Les exégètes divergent sur la saison : tronc sec selon Ibn Abbas, hiver selon Wahb ibn Munabbih, sans date retenue

La naissance de Jésus en islam est une naissance miraculeuse, sans père, racontée dans la sourate Maryam comme dans la sourate Al-Imran, sans aucune date fixée ni dans le Coran ni dans la sunna.

Chaque mois de décembre, une question revient chez les musulmans de France : que dit notre religion de la fête que célèbrent nos voisins, nos collègues, parfois une partie de nos proches ? Beaucoup ignorent que le Coran consacre à cette nativité deux passages entiers, avec un dialogue, un lieu, un arbre, un nourrisson qui parle. Issa, paix sur lui (aussi écrit Isa ou Aïssa), fils de Maryam (Marie), y reçoit les titres de serviteur d'Allah, de messager, de Messie. Cet article présente le texte coranique verset après verset, ce qu'at-Tabari comme Ibn Kathir rapportent sur la saison ou le lieu, l'absence de date dans les sources, les miracles qui l'entourent, puis l'avis des savants sur Noël, chaque fois avec sa référence.

Quelle est la naissance de Jésus dans l'islam ?

La naissance de Jésus dans l'islam est celle d'un garçon conçu sans père, de la seule volonté d'Allah, annoncé à Marie par un ange, raconté dans les versets 16 à 34 de la sourate Maryam puis dans Al-Imran (versets 42 à 47). Aucune autre naissance dans le Coran ne donne la parole au bébé lui-même.

Pour le croyant, la naissance virginale fait partie de la foi en islam : le Coran l'affirme sans ambiguïté, à deux reprises (Al-Imran, 47 ; Maryam, 20). Le point commun avec la foi chrétienne est réel : Marie est vierge, son fils est le Messie, le Christ, l'ange Gabriel vient la prévenir. La différence porte sur sa nature. Du point de vue musulman, Issa Ibn Maryam est un être humain créé, un envoyé de Dieu, sans nature divine.

Le texte coranique ne décrit en revanche aucun rite accompli pour lui après sa venue au monde. Pour un enfant né aujourd'hui dans une famille croyante, les gestes qui suivent l'accouchement viennent de la sunna : le prénom, le rasage de la tête, l'aqiqa offerte pour le nouveau-né. La nativité de Jésus reste un récit de foi, pas un modèle rituel.

Comment le Coran décrit-il la naissance de Jésus ?

Le Coran décrit la naissance de Jésus en deux temps : l'annonce faite à Marie dans la sourate Al-Imran, puis le récit complet dans la sourate Maryam, depuis sa retraite loin des siens jusqu'au moment où son fils répond à leur peuple depuis le berceau.

PassageVersetsContenu
Al-Imran42 à 47Marie élue, la Parole promise, il parlera au berceau
Maryam16 à 21Retraite de Marie, venue de l'ange, promesse d'un garçon
Maryam22 à 26Grossesse, lieu éloigné, dattes, ruisseau
Maryam27 à 34Retour vers son peuple, Jésus parle au berceau

Dans la sourate Al-Imran, les anges disent à Marie qu'Allah l'a élue, purifiée, choisie au-dessus des femmes des mondes (verset 42). Ils lui annoncent ensuite une parole venant de Lui : son nom est le Messie, Issa fils de Maryam, illustre ici-bas comme dans l'au-delà (verset 45). Marie demande comment elle aurait un fils alors qu'aucun homme ne l'a touchée. La réponse est la clé du récit : Allah crée ce qu'Il veut ; quand Il décide quelque chose, Il lui dit seulement « Sois », alors elle est (verset 47).

La sourate Maryam s'ouvre d'abord sur une autre naissance, celle de Yahya, Jean le Baptiste, fils du vieux Zakariya (versets 2 à 15). Puis elle déroule la scène de la nativité :

  1. Marie se retire vers un lieu situé à l'orient, derrière un voile (versets 16 à 17).
  2. Allah lui envoie un ange sous l'apparence d'un homme ; elle cherche refuge auprès du Tout Miséricordieux (versets 17 à 18).
  3. L'ange lui promet un garçon pur ; elle objecte qu'aucun homme ne l'a touchée (versets 19 à 20).
  4. L'ange répond que cela est facile pour son Seigneur : ce garçon sera un signe, une miséricorde (verset 21).
  5. Enceinte, elle s'éloigne ; les douleurs la conduisent au pied d'un arbre (versets 22 à 23).
  6. Elle revient vers les siens en le portant, subit l'accusation, désigne son fils, qui prend la parole (versets 27 à 33).

Ruh, l'Esprit, désigne au verset 17 l'ange envoyé à Marie. Ibn Kathir l'identifie à Gabriel (Jibril), avis qu'il attribue à Mujahid, à Qatada, à as-Suddi, à Wahb ibn Munabbih. Le Coran dit aussi d'Issa qu'il a été soutenu par l'Esprit saint, Ruh al-Qudus (Al-Baqara, 87).

Les versets 24 à 26, sur le ruisseau ou les dattes données à la mère, sont souvent lus comme un modèle pour la femme qui accouche ; notre article sur les invocations pendant la grossesse les commente. Le passage se clôt sur la parole du nourrisson, réponse coranique à l'accusation portée contre Marie.

Je suis le serviteur d'Allah. Il m'a donné le Livre, Il m'a fait prophète. Il m'a rendu béni où que je sois, m'a recommandé la prière, l'aumône tant que je vivrai, la bonté envers ma mère ; Il ne m'a fait ni orgueilleux ni malheureux. Paix sur moi le jour où je suis né, le jour de ma mort, le jour où je serai ressuscité vivant.

Sourate Maryam, versets 30 à 33, traduction du sens

La même formule de paix figure au verset 15 pour Yahya, à la troisième personne : pour Jésus, c'est lui qui la prononce, au berceau.

Quelle est la date de naissance de Jésus en islam ?

La date de naissance de Jésus en islam n'existe pas : aucun verset du Coran, aucun hadith authentique ne fait mention du jour, du mois ou de l'année de sa venue au monde. Les exégètes rapportent des avis sur la saison ou la durée de la grossesse, sans jamais en tirer une date.

Le silence des textes est cohérent avec la manière dont le Coran raconte : il retient ce qui porte un enseignement, la pureté de Marie, la puissance créatrice de Dieu, la parole de l'enfant, puis laisse de côté le calendrier. Ni le 25 décembre ni le 7 janvier n'ont de fondement dans les sources islamiques. Cela ne signifie pas qu'un autre jour serait le vrai : les textes n'en fixent aucun.

Sur la durée de la grossesse, Ibn Kathir rapporte dans son tafsir trois avis. L'avis connu de la majorité est de neuf mois ; Ikrima parle de huit mois ; un récit attribué à Ibn Abbas, transmis d'Ibn Jurayj, dit que Marie conçut puis accoucha aussitôt. Ibn Kathir qualifie ce dernier récit de gharib, c'est-à-dire isolé. Aucun de ces avis n'est une parole du Prophète.

  • Le Coran mentionne le lieu éloigné, l'arbre, le ruisseau, sans calendrier
  • La sunna authentique parle du rang de Jésus comme de son retour à la fin des temps, sans jour fixé
  • Les exégètes rapportent sur la saison des avis de compagnons ou de successeurs, qui divergent
  • Les évangiles de Matthieu ou de Luc, dans le Nouveau Testament de la Bible, racontent la nativité sans jour précis

Jésus est-il né en hiver ou en été selon le Coran ?

Le Coran ne dit pas si Jésus est né en hiver ou en été. Le seul indice est l'arbre qui fait tomber des dattes fraîches, que les exégètes lisent de deux façons opposées : un arbre sec ou hors saison, donc un miracle, ou un arbre déjà chargé de fruits.

Les dattes fraîches, appelées rutab, mûrissent en fin d'été dans la région. Un raisonnement répandu en déduit que Jésus serait né à cette période. Les exégètes anciens n'ont pas suivi ce raisonnement : plusieurs comprennent au contraire que le fruit est venu hors de sa saison, ce qui en fait un signe de plus. Le tableau reprend ce qu'at-Tabari ou Ibn Kathir rapportent dans leur commentaire des versets 23 à 25.

RapporteurCe qu'il dit du palmierCité chez
Ibn AbbasUn tronc secAt-Tabari, Ibn Kathir
As-SuddiUn tronc coupé, redevenu palmierAt-Tabari
Wahb ibn MunabbihLes dattes tombaient, c'était l'hiverAt-Tabari
Wahb ibn MunabbihUn arbre hors de la saison de ses fruitsIbn Kathir
Autre avisUn palmier portant ses fruitsIbn Kathir

Ces avis viennent de compagnons ou de successeurs, pas du Prophète. Wahb ibn Munabbih, en particulier, transmettait des récits issus des gens du Livre, que les savants ne reçoivent qu'avec prudence. At-Tabari note d'ailleurs qu'il ne connaît personne d'autre qu'as-Suddi pour parler d'un tronc coupé. L'hiver évoqué chez Wahb n'établit donc pas une date, pas plus que les dattes fraîches n'établissent un été : la seule certitude textuelle est que Marie a été nourrie de ses fruits au moment de l'accouchement.

Où est né Jésus selon l'islam ?

Le lieu de naissance de Jésus selon l'islam n'est pas nommé dans le Coran, qui parle seulement d'un « lieu éloigné » (Maryam, 22). Ibn Kathir rapporte plusieurs avis, puis retient que Bethléem, à quelques kilomètres de Jérusalem, est l'avis le plus connu.

Dans son tafsir du verset 23, Ibn Kathir cite as-Suddi, qui situe la scène à l'est du lieu de prière de Marie à Jérusalem, puis Wahb ibn Munabbih, qui parle d'abord d'une fuite entre la Syrie et l'Égypte, ensuite d'un village situé à huit milles de Jérusalem, appelé Bayt Lahm. Ibn Kathir conclut que Bethléem est l'avis connu, transmis de génération en génération, que les chrétiens eux-mêmes ne contestent pas. Il mentionne aussi un hadith du voyage nocturne, rapporté chez an-Nasa'i d'après Anas, qui situe l'événement à Bethléem, en ajoutant prudemment « s'il est authentique ». Le Coran se garde de nommer l'endroit : ce qui compte dans le récit est l'isolement de Marie au moment de l'épreuve.

Quels miracles sont associés à la naissance de Jésus ?

Les miracles associés à la naissance de Jésus sont au nombre de quatre dans les sources : la conception sans père, les dattes avec le ruisseau donnés à Marie, la parole du nourrisson au berceau, la protection contre le toucher de Satan, mentionnée dans un hadith authentique.

Le premier miracle est la conception elle-même. Le Coran la compare à la création du premier homme : l'exemple de Jésus auprès d'Allah est comme celui d'Adam, qu'Il a créé de terre puis auquel Il a dit « Sois », alors il fut (Al-Imran, 59). Adam n'a eu ni père ni mère ; Jésus n'a pas eu de père. Pour les exégètes, le verset répond à ceux qui tiraient de cette conception sans père une preuve de la divinité de l'enfant.

Le deuxième, le plus commenté, est la parole au berceau. Le Coran l'annonce avant la naissance (Al-Imran, 46 : il parlera aux gens au berceau comme dans l'âge mûr), puis la raconte (Maryam, 29 à 33). Les gens demandent à Marie comment s'adresser à un enfant au berceau, c'est lui qui répond. D'autres miracles viendront plus tard, avec la permission d'Allah : guérir l'aveugle-né, le lépreux, ramener des morts à la vie (Al-Imran, 49).

Abou Hurayra rapporte que le Prophète a dit que seuls trois enfants ont parlé au berceau ; il nomme en premier Issa fils de Maryam, puis le nourrisson de l'histoire de Jurayj, enfin un troisième petit des Banou Israïl. Le hadith figure dans al-Bukhari n° 3436, avec ses trois enfants nommés, ainsi que dans Muslim n° 2550.

Une autre version circule, qui commence avec les mêmes mots, puis allonge la liste des enfants qui auraient parlé. Al-Albani l'a jugée sans fondement sous cette forme (batil bi hadha al-lafz) dans la Silsila ad-Da'ifa, n° 880. Seule la version d'al-Bukhari ou de Muslim est à citer.

Le troisième élément concerne la grand-mère de Jésus, qui avait placé sa fille ainsi que sa descendance sous la protection d'Allah contre Satan le banni (Al-Imran, 36). Abou Hurayra rapporte que tout nouveau-né est touché par Satan au moment où il vient au monde, ce qui le fait crier, sauf Marie avec son fils (al-Bukhari n° 3431, Muslim n° 2366). Ce verset sert encore de modèle aux parents qui cherchent une invocation de protection pour leurs enfants.

Jésus est-il le fils de Dieu dans l'islam ?

Jésus n'est pas le fils de Dieu dans l'islam. Le Coran le présente comme le serviteur d'Allah, Sa parole envoyée à Marie, un souffle venu de Lui ; la sourate Maryam affirme qu'il ne convient pas à Dieu de s'attribuer un fils.

La sourate Maryam enchaîne le récit avec cette précision : après la parole de l'enfant vient le verset 34, « tel est Issa fils de Maryam, parole de vérité, dont ils doutent », puis le verset 35, qui écarte l'idée que Dieu prenne un fils. La sourate An-Nisa, au verset 171, résume la position coranique : le Messie, Issa fils de Maryam, n'est que le messager d'Allah, Sa parole lancée à Marie, un esprit venant de Lui. Messie se dit al-Masih en langue arabe, Christ en grec ; Issa en arabe s'écrit عيسى.

Muhammad (sws) a mis en garde ses compagnons contre l'excès inverse, celui qui consisterait à l'élever au-dessus de sa condition : « Ne m'exaltez pas comme les chrétiens ont exalté le fils de Maryam ; je ne suis qu'un serviteur, dites donc : le serviteur d'Allah, Son messager » (Umar ibn al-Khattab, al-Bukhari n° 3445). Le respect dû à Jésus passe, pour un croyant, par le titre que le Coran lui donne : serviteur de Dieu, comme il le dit lui-même au berceau.

Les musulmans peuvent-ils fêter Noël ?

Les savants salafis cités ici considèrent que les musulmans ne fêtent pas Noël : Cheikh Ibn Baz juge non permis de célébrer la naissance d'un prophète, Cheikh Ibn Uthaymin interdit de féliciter pour les fêtes religieuses d'autres croyances. Ces avis visent la fête religieuse, pas la personne de Jésus.

La position de Cheikh Ibn Baz porte d'abord sur le principe de la célébration. Dans sa fatwa sur la célébration des naissances (al-mawalid), il écrit qu'il n'est pas permis de célébrer la naissance du Prophète ni celle d'un autre, s'agissant d'une innovation en religion, qui relève en outre de l'imitation des gens du Livre dans leurs fêtes. Si l'anniversaire de Muhammad ne se fête pas, celui de Jésus non plus : c'est la cohérence de cette position, qui ne retire rien au rang des deux envoyés.

Cheikh Ibn Uthaymin a répondu à la question des vœux de Noël dans une fatwa reproduite dans son Majmu' Fatawa wa Rasa'il (tome 3). Il y cite Ibn al-Qayyim, selon qui féliciter pour les fêtes propres à une autre religion est interdit par accord des savants (Ahkam Ahl adh-Dhimma). Ibn Uthaymin en tire plusieurs conséquences :

  • Les vœux pour une fête religieuse non musulmane ne se présentent pas ; ceux que l'on reçoit pour cette fête ne se rendent pas
  • Les invitations à célébrer la fête ne s'acceptent pas
  • Les réceptions organisées à cette occasion, l'échange de cadeaux ou la distribution de friandises entrent dans l'imitation
  • La politesse, l'affection ou la gêne ne changent pas le jugement selon lui

Ces avis portent sur une fête religieuse précise. Le Coran, de son côté, n'interdit pas la bienfaisance ni l'équité envers ceux qui ne combattent pas les musulmans pour leur religion (al-Mumtahana, 8) : la courtoisie quotidienne avec un voisin ou un collègue chrétien reste en dehors de la question. Pour les naissances chez des proches, les formules de vœux propres à la tradition musulmane sont réunies dans l'article sur la manière de féliciter des parents pour un bébé.

Quelle est la signification de la naissance de Jésus pour les musulmans ?

La signification de la naissance de Jésus pour les musulmans tient en trois enseignements : la puissance d'Allah, qui crée sans père comme Il a créé Adam sans parents ; l'innocence de Marie, défendue au berceau ; le rang de Jésus, serviteur de Dieu, que Muhammad (sws) disait le plus proche de lui.

Ce dernier point est rarement cité. Abou Hurayra rapporte cette parole de l'Envoyé d'Allah : « Je suis le plus proche des gens d'Issa fils de Maryam ici-bas comme dans l'au-delà ; les prophètes sont des frères de pères communs, leurs mères sont différentes, leur religion est une » (al-Bukhari n° 3443). Le même Envoyé a aussi annoncé son retour : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, le fils de Maryam va bientôt descendre parmi vous en juge équitable » (Abou Hurayra, al-Bukhari n° 3448). L'importance de Jésus dans la foi musulmane commence donc à sa naissance pour s'achever à la fin des temps.

Pour des parents, le récit garde aussi une dimension concrète. La grand-mère de Jésus place sa fille sous la protection d'Allah dès sa venue au monde ; Marie traverse seule la douleur de l'accouchement ; son fils, à peine né, dit sa bonté envers celle qui l'a porté. Le prénom Issa figure d'ailleurs parmi les prénoms de prophètes donnés aux garçons. Quant aux gestes qui accueillent un nouveau-né dans une famille musulmane, de l'appel à la prière au rasage de la tête, ils sont détaillés dans le guide sur les sept premiers jours du nouveau-né.

Questions fréquentes

Jésus est-il considéré comme un prophète dans l'islam ?

Oui. Issa fils de Maryam est un prophète, un messager d'Allah ; le Coran lui fait dire dès le berceau : « Il m'a donné le Livre, Il m'a fait prophète » (Maryam, 30). Le Livre qui lui a été révélé est l'Injil, l'Évangile. Croire en sa mission fait partie de la foi, au même titre que croire en Moïse ou en Abraham.

Comment Marie est-elle décrite dans le Coran ?

Marie, la mère de Jésus, est la seule femme désignée par son nom dans le Livre, honorée d'un chapitre entier qui porte ce nom. Les anges lui disent qu'Allah l'a élue, purifiée, choisie au-dessus des femmes des mondes (Al-Imran, 42). Le Coran la présente comme pieuse, chaste, dévouée à la prière.

Quelle est la date de naissance de Jésus ?

La date de naissance de Jésus n'est donnée ni dans le Coran ni dans les évangiles. Les Églises latines fêtent Noël le 25 décembre, plusieurs Églises orthodoxes le 7 janvier, à cause du calendrier julien. Ces dates relèvent de la tradition chrétienne ; les sources islamiques, elles, n'en retiennent aucune.

Relire la sourate Maryam

Le récit de la nativité tient en une vingtaine de versets, que la plupart des fidèles connaissent en fragments : le palmier, les dattes, le bébé qui parle. Le lire d'un seul tenant change la perspective. On y voit une jeune femme seule, qui était vierge, face à une nouvelle qu'elle ne comprend pas, un accouchement loin des siens, une accusation publique, un nourrisson qui répond à sa place. On y voit surtout que le Coran ne donne ni date ni lieu précis, parce que son propos est ailleurs. La prochaine fois que la question de décembre se posera à table, pourquoi ne pas ouvrir le chapitre Maryam pour le lire ensemble, à voix haute ?