Pourquoi le bébé pleure à la naissance : le hadith du toucher de Satan

Kone

Kone

Souleymane

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Bannière vert clair avec le titre Le cri du bébé selon la sunna, un berceau à bascule stylisé vert sauge, un croissant de lune et une étoile à huit branches

À retenir :

  • La parole prophétique sur les pleurs du nouveau-né figure dans al-Bukhari (n° 3431) et dans Muslim (n° 2366).
  • Al-Albani authentifie ses formulations dans Sahih al-Jami', notamment sous les n° 5700 et 5785.
  • Tout enfant d'Adam est concerné, à l'exception de Maryam et d'Issa, grâce à l'invocation de la mère de Maryam.
  • Aucune version ne donne de sens religieux au silence d'un bébé, dont les causes relèvent de la médecine.

Selon un hadith authentique rapporté par al-Bukhari et Muslim, le bébé pleure à la naissance parce que le Chaytan le touche au moment où il vient au monde, à l'exception de Maryam et de son fils Issa.

Le premier son du bébé soulage toute la salle d'accouchement, puis une question revient chez beaucoup de parents : que dit la religion musulmane de ces pleurs ? Sur les forums, la réponse circule souvent sans référence, mêlée à des croyances sans source, comme l'idée qu'un enfant silencieux serait protégé. Le récit existe pourtant, il est court et vérifiable : une tradition transmise par Abou Hurayra (aussi écrit Abu Hurayra), connue sous le nom de hadith du toucher de Satan, mass ach-chaytan en langue arabe. Cet article en donne les versions avec leur numéro et leur grade, l'explication des commentateurs, la raison de l'exception de Maryam et d'Issa, ce que la sunna (ou sunnah) ne permet pas d'affirmer, puis le mécanisme physique des pleurs et le cas du nouveau-né qui reste silencieux.

Pourquoi les bébés pleurent-ils à la naissance ?

Les bébés pleurent à la naissance, selon la tradition islamique, à cause d'un toucher du Chaytan au moment précis où ils sortent du ventre de leur mère. Abou Hurayra (رضي الله عنه) rapporte cette parole du Messager d'Allah (sws) dans les deux recueils les plus sûrs, et seuls Maryam et Issa en sont exceptés.

Il n'est pas un enfant d'Adam qui vienne au monde sans que le diable le touche au moment où il naît, et il pousse alors un cri à cause de ce toucher, excepté Maryam et son fils.

Abou Hurayra, rapporté par al-Bukhari n° 3431, authentifié par Al-Albani dans Sahih al-Jami' n° 5700

Le verbe arabe employé, istahalla, désigne le son que pousse l'enfant en arrivant sur terre. La parole prophétique décrit un fait, elle ne prescrit aucun acte aux parents : aucune formule ni aucun geste n'est rattaché à ce moment. Les actes demandés à la famille viennent au cours de la première semaine, avec le choix du nom, le rasage des cheveux et le sacrifice offert pour le nouveau-né au septième jour.

Quelles sont les versions du hadith ?

Le hadith sur les pleurs du nouveau-né existe en au moins quatre formulations authentiques, toutes transmises par Abou Hurayra. Elles décrivent le même événement avec des mots différents, un toucher, une piqûre au flanc ou une incitation (nazgha), et s'accordent sur l'exception de Maryam et d'Issa.

RéférenceCe que dit la versionGrade
al-Bukhari n° 3431 et n° 4548Le Chaytan le touche, il hurle, sauf Maryam et son filsSahih, Sahih al-Jami' n° 5700
Muslim n° 2366Le Chaytan le pique, sauf le fils de Maryam et sa mèreSahih, Sahih al-Jami' n° 5785
Muslim n° 2367Les pleurs du nouveau-né sont une nazgha du ChaytanSahih, Sahih al-Jami' n° 3846
al-Bukhari n° 3286Piqûre au flanc ; pour Issa, le coup frappe un voileSahih, Sahih al-Jami' n° 4516

Al-Hakim rapporte également une formulation où un voile est placé devant Maryam et Issa, qu'il juge de chaîne authentique dans al-Mustadrak (n° 4209). Deux chaînes secondaires sont critiquées par des spécialistes, sans que cela touche la tradition elle-même, établie par les deux Sahih. Chaque gradation se consulte dans l'encyclopédie de hadith Dorar, qui affiche la conclusion de chaque savant.

Pourquoi Maryam et Issa sont-ils épargnés ?

Maryam (Marie) et Issa (عليه السلام) sont épargnés par le toucher du Chaytan parce que l'invocation de la mère de Maryam a été exaucée. Abou Hurayra le montre lui-même : après avoir rapporté la parole prophétique, il récite le verset 36 de la sourate Al Imran, prononcé par la femme de Imran à la naissance de sa fille.

Et je la place, elle et sa descendance, sous Ta protection contre le diable banni.

Sourate Al Imran, verset 36, récité par Abou Hurayra à la suite du hadith dans al-Bukhari n° 3431

La mère de Maryam avait demandé cette sauvegarde pour sa fille et pour sa descendance. Issa est donc couvert en tant que descendant de Maryam, ce qui relie directement l'exception à cette demande. Ibn Kathir, dans son tafsir du verset, réunit les différentes versions pour montrer que l'invocation a été acceptée. Al-Qurtubi rapporte de son côté l'explication de Qatada : le coup du Chaytan a frappé le voile placé entre lui et eux, sans les atteindre.

Que signifie le toucher de Satan ?

Le toucher de Satan à la naissance ne signifie pas que l'enfant est égaré ou possédé, selon l'explication rapportée par al-Qurtubi dans son tafsir du verset 36 de la sourate Al Imran. Les savants de son école, qu'il cite, y voient une tentative du Chaytan, sans pouvoir sur la foi de celui qu'il atteint.

Le passage tient en une phrase : « ولا يلزم من هذا أن نخس الشيطان يلزم منه إضلال الممسوس وإغواؤه فإن ذلك ظن فاسد ». Traduction : il ne découle pas de cette tradition que la piqûre du Chaytan entraîne l'égarement de celui qu'il touche, ce serait une supposition erronée. Al-Qurtubi ajoute que Iblis s'est attaqué aux prophètes et aux saints par toutes sortes de tentatives, et qu'Allah les a pourtant préservés de ce qu'il visait.

Cette lecture s'appuie sur le verset 42 de la sourate al-Hijr, cité dans le passage : Allah y dit à Iblis qu'il n'a aucun pouvoir sur Ses serviteurs. Les pleurs initiaux marquent ainsi le début d'une hostilité que le croyant affrontera toute sa vie, pas une marque laissée sur l'âme de l'enfant. Le verset 36 indique la réponse proposée par le Coran : confier l'enfant et sa descendance à Allah.

Quelle est la signification des pleurs du bébé ?

La signification des pleurs du bébé, dans la tradition islamique, se limite au son poussé à la sortie du ventre : un toucher du Chaytan que tout enfant d'Adam reçoit. Les sources citées ici n'en tirent ni jugement sur l'enfant, ni reproche aux parents, ni règle pour les pleurs des semaines suivantes.

  • Pas un signe de mauvaise nature : tous les enfants d'Adam sont visés, sans autre exception que Maryam et Issa.
  • Pas un reproche aux parents : aucune version ne relie ce moment à un acte ou à un oubli du père ou de la mère.
  • Pas une règle pour la suite : les bébés qui pleurent la nuit ou dans la journée, des mois plus tard, ne sont pas concernés.
  • Pas une preuve de sauvegarde : un bébé silencieux n'est pas présenté comme épargné, puisque seules deux exceptions sont nommées.

Ces limites comptent, car la tradition est parfois utilisée pour inquiéter des parents, ou au contraire pour valoriser un enfant calme. Aucune des versions ne porte l'une ou l'autre idée. Il s'agit d'un événement commun à toute l'humanité, rappelé par la sunna pour enseigner l'origine de l'hostilité d'Iblis et l'intérêt de l'invocation, quelque chose que chaque membre de la famille peut retenir.

Pourquoi un nouveau-né ne pleure pas à la naissance ?

Un nouveau-né qui ne pleure pas à la naissance peut avoir été mis au monde par césarienne, dans l'eau, ou après un accouchement difficile. La sunna ne traite pas ce cas et ne présente pas l'enfant silencieux comme protégé : la question relève du personnel médical, qui surveille avant tout la respiration.

Avant l'accouchement, l'oxygène arrivait par le placenta et le cordon ombilical. À la sortie, le changement brutal d'environnement, d'un milieu chaud et liquide vers un air plus froid et plus sec, provoque un halètement qui devient la première respiration, souvent accompagnée de pleurs, et ce souffle chasse le liquide des poumons, selon un article pédagogique de The Conversation consacré à la question. Le même article décrit trois situations où les bébés ne pleurent pas tout de suite :

  • la césarienne, où le liquide n'est pas expulsé des poumons comme lors d'un accouchement par voie basse ;
  • la naissance dans l'eau, où l'enfant ne ressent pas le froid de l'air ;
  • un problème cardiaque, un accouchement difficile ou un manque d'oxygène pendant la grossesse, qui peuvent nécessiter une aide pour respirer.

Un bébé qui respire calmement et rosit reçoit assez d'oxygène, même sans pleurer, précise cette source. La tradition et la physiologie ne parlent pas du même plan : l'une nomme une cause invisible, l'autre décrit des poumons qui se remplissent d'air. La jurisprudence islamique se sert aussi de l'istihlal pour établir qu'un enfant est né vivant, une question de succession et de prière funéraire qui sort du cadre de cet article.

Comment protéger le nouveau-né selon la sunna ?

La protection du nouveau-né, selon la sunna, passe par l'invocation. Le Messager d'Allah (sws) plaçait al-Hasan et al-Husayn sous la sauvegarde des paroles parfaites d'Allah, « أعوذ بكلمات الله التامة », contre tout démon, toute bête nuisible et tout mauvais œil, selon Ibn Abbas, dans al-Bukhari (n° 3371).

Le texte complet, la phonétique et les autres formules sont détaillés dans notre article sur les invocations pour protéger un enfant. Cette formule se répète, elle n'est pas liée au seul premier jour, à la différence de l'adhan récité à l'oreille du bébé, une pratique répandue dans le monde musulman. Cet appel à la prière repose sur un récit d'Abou Rafi (Abou Dawoud n° 5105, at-Tirmidhi n° 1514) qu'Al-Albani avait jugé bon dans Irwa al-Ghalil (n° 1173), avant de revenir sur son jugement et de l'affaiblir dans sa vérification d'al-Kalim at-Tayyib (n° 211). Ibn Baz estime dans Fatawa Nour ala ad-Darb qu'il n'est pas établi que le Messager d'Allah l'ait pratiqué, les récits qui le mentionnent comportant une faiblesse.

Le détail de ces positions figure avec les gestes de la première semaine, et les proches qui viennent accueillir le bébé trouveront quoi dire aux jeunes parents dans un article dédié.

Questions fréquentes

Quels sont les rituels de naissance dans l'islam ?

Les rituels de naissance dans l'islam les mieux établis sont le tahnik, une datte passée sur le palais (Abou Moussa, al-Bukhari n° 5467), puis au septième jour le nom, le rasage de la tête et le sacrifice, d'après le récit de Samura (Abou Dawoud n° 2838). Les règles de la aqiqa (aussi écrite aqiqah) prévoient le sacrifice d'un mouton pour une fille et de deux pour un garçon.

Les pleurs du bébé après la naissance ont-ils un sens religieux ?

Les pleurs du bébé dans les jours et les mois suivants n'ont pas de sens religieux particulier dans les sources présentées ici, qui ne visent que le moment de la venue au monde. En général, les raisons des pleurs d'un nourrisson restent ordinaires : la faim, la soif, la douleur, la fatigue ou le besoin d'être contre sa maman.

La parole prophétique concerne-t-elle aussi les filles ?

La parole prophétique sur les pleurs du nouveau-né concerne les filles comme les garçons. Les versions d'al-Bukhari parlent de tout enfant d'Adam, sans distinction. La seule personne nommée dans l'exception avec Issa est d'ailleurs une fille, Maryam, épargnée grâce à l'invocation de sa mère, ce qui montre que les deux sexes sont englobés.

Ce que ces pleurs changent pour les parents

Rien dans la sunna ne demande aux parents de surveiller les premiers pleurs, de s'en inquiéter ou de les interpréter. La tradition enseigne une réalité commune à la naissance d'un enfant, quel qu'il soit, et indique, par l'exemple de la mère de Maryam, la réponse prévue : confier l'enfant à Allah. Une famille qui attend un bébé peut donc apprendre dès maintenant l'invocation rapportée d'Ibn Abbas, choisir le prénom et organiser le septième jour, au lieu de chercher un sens caché dans l'émotion ou le silence de la salle d'accouchement. Reste une question à se poser avant le terme : qui, dans la famille, se chargera de réciter cette invocation pour l'enfant ?

Pourquoi le bébé pleure à la naissance en islam : le hadith